Trouver un équilibre entre accessibilité et sécurité

8e Forum International sur la Sécurité
By Yoshiko Kurisaki, traduction française Aude Elser, traducción española Yasmina Guye
28 mai 2009

Plus de 500 personnalités étaient réunies à Genève du 18 au 30 mai 2009 pour débattre de la sécurité sous toutes ses formes, de l’échelle nationale à l’échelle mondiale. ICVolontaires a apporté son concours en assurant l’accueil et l’enregistrement des participants, divers services logistiques pendant la conférence, ainsi qu’en assistant les équipes de médias.

ICVolontaires a également participé aux sessions « Impact des technologies stratégiques sur la sécurité globale » et « Le rôle des ONG dans la gestion de la sécurité en situation d’après-conflit ».

Durant la session sur les technologies stratégiques, la constatation principale a été que les TIC sont aux mains du public et que les médias grand public s’adressent en conséquence de plus en plus aux individus qu’à la masse. On observe, en effet, une tendance croissante à la personnalisation des médias, illustrée par les My Blog, My Webportal et autres My Community, florissant sur le Web. L’information s’échange de plus en plus entre pairs, tant et si bien que l’influence des médias sur la masse diminue.

L’utilisation type des médias électroniques par les individus nécessite de nouveaux paradigmes sécuritaires. Les spécialistes de la sécurité citent volontiers l’aphorisme « qui maîtrise l’espace et l’information contrôle le monde. » Ce principe est devenu obsolète dans la sphère d’information moderne, étant donné qu’il est impossible pour une seule entité de contrôler la création et le flux de l’information. L’information est produite par n’importe qui et s’échange de n’importe qui à qui que ce soit (« any-to-any ») par-delà les frontières nationales. Les pouvoirs politiques ne peuvent donc plus contrôler l’information personnelle ni son flux.

Au fur et à mesure que la vie des individus devient dépendante des réseaux d’informations, l’infrastructure de ces derniers se révèle cruciale pour le bon fonctionnement de notre société.

Les attaques malveillantes dirigées contre l’infrastructure d’échange d’information – ou cyber-attaques – sont devenues une préoccupation majeure pour la sécurité nationale de nombreux pays. L’Estonie, la Géorgie et la Lituanie ont récemment fait l’objet de cyberattaques à grande échelle (2007, 2008 et 2008 respectivement) ayant paralysé des institutions vitales telles que le gouvernement, les banques et le système de défense nationale. Les trois cas présentent des similitudes en termes de cible et de méthode d’attaque, ce qui prête à penser que ces actes de malveillance cachent des motivations politiques. L’Estonie a subi le plus de dommages en raison de la forte dépendance des systèmes administratifs et bancaires nationaux à Internet. A titre d’illustration, seuls 2% des transactions bancaires se font hors-ligne en Estonie.

Si de telles attaques sont commanditées par des Etats ou prennent des Etats pour cible, il pourrait être nécessaire d’introduire de nouveaux moyens de contrôle du cyberespace. Selon plusieurs intervenants, une collaboration entre experts de différents domaines, impliquant une large palette d’acteurs, serait nécessaire pour élaborer des règles appropriées. Ces acteurs devraient comprendre des gouvernements, des institutions publiques et des entités des secteurs public et privé au niveau national et international. Les compagnies de télécommunications, dont l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), ainsi que les agences de renseignement devraient également être de la partie.

De plus, des chercheurs et des académiciens ont reconnu que les ONG et les volontaires fournissent des ressources indispensables en situation d’après-conflit. Ils collaborent typiquement avec des organisations publiques ou officielles, gouvernements locaux ou organisations internationales.

L’une des grandes forces des ONG réside dans leur relative liberté de mouvement par rapport aux intérêts étatiques et aux contraintes diplomatiques, ce qui leur permet de travailler dans des domaines niche dont les organisations gouvernementales n’ont pas suffisamment la possibilité de s’occuper, tels le soutien aux groupes sociaux marginalisés.

Les limites principales des ONG sont le manque de ressources et de légitimation gouvernementale. Ce dernier point pose un vrai problème, particulièrement dans des situations où il faut pousser les gens à agir.

On s’attend à ce qu’une analyse en profondeur du rôle des ONG et des volontaires dans le processus de création d’une gouvernance sécuritaire éclaire les bénéfices tirés des actions et du travail effectués à titre volontaire.

ISF a grandement profité d’une synergie des opinions et des savoirs de spécialistes issus de divers domaines d’expertise. Même sur le thème de la sécurité, il existe des divergences d’opinions surprenantes sur la méthodologie, l’approche et les sujets à aborder. ISF a fourni une excellente occasion à des spécialistes de stimuler la réflexion en transcendant les cloisonnements disciplinaires.

Dans le but d’obtenir un consensus du public sur la cyber-sécurité, il sera utile de créer d’autres occasions de discussions interdisciplinaires au cours desquelles des chercheurs dans le domaine de la sécurité et des spécialistes des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pourront compléter leurs connaissances. Par coïncidence, des responsables d’élaboration de politiques concernant les TIC et l’Information ainsi que des ONG se rencontraient dans le cadre du Forum SMSI 2009 du 18 au 22 mai, à l’UIT également, pour discuter des problèmes culturels et sociaux liés à la société de l’information. Notre société est à la recherche de nouveaux paradigmes de gestion de l’information permettant le libre échange d’idées et de savoir par les réseaux d’information, ceci dans un environnement sûr. Ces paradigmes aideront les citoyens de la société de l’information à créer des règles de sécurité équilibrées avec le concours d’expertise juridique, technique et sociale. Dans un processus ainsi fondé sur le consensus, les ONG devraient jouer un rôle actif pour représenter des citoyens connectés par-delà les frontières nationales. Elles devraient également veiller à ce que l’agenda sécuritaire ne soit pas détourné à d’autres fins et que tout citoyen sur cette planète ait accès à l’information pour l’utiliser de manière créative et de constructive.

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